Un caractère de femme, d’Emmanuel Bove (France)

Publié le par sabine

Emmanuel Bove est mort en 1945. Lorsque sa femme meurt, en 1979, on retrouve 3 manuscrits jamais édités, dont celui de ce livre.

« C’est l’histoire d’une femme éperdument amoureuse qui accomplit des actes d’abnégation pour sauvegarder cet amour. L’homme qu’elle aime, écrasé par la culpabilité d’un crime, incapable de réagir, sombre peu à peu dans l’apathie et la dépression. » (résumé tiré de la préface de Jean-Luc Bitton)

J’ai eu du mal à lire ce livre, d’abord à cause de cette histoire : il est clair dès le début que l’homme restera coincé dans sa culpabilité, et j’avais envie de dire à Colette, son amie, de s’enfuir rapidement et d’oublier… Aussi pour les rapports entre les personnages, d’un milieu parisien sans doute aristocrate, dans lequel on a l ‘impression que rien n’a bougé depuis des siècles, et rien ne bougera… Des personnages englués dans leurs sentiments, leurs habitudes, les non-dits et les qu'en dira-t-on. L’écriture ne facilite pas non plus la lecture. Un peu surannée, avec des imparfaits du subjonctif dont on a perdu l’habitude, et des tournures belles mais lourdes : « Elle eût marché des années durant vers un but pour une raison qui brusquement lui était parue vaine, elle ne se fût pas laissée tomber plus lourdement sur le banc. », « … la seule façon qu’elle avait de le revoir était de maintenir les liens les plus étroits possible, quelque humiliant que cela fût pour elle… », même dans les dialogues : « … je n’aurais pas voulu qu’il restât une minute chez moi. »

Il est vrai qu’Emmanuel Bove est connu pour son pessimisme, l’époque où il a vécu (1898-1945 : 2 guerres !) y étant peut-être pour quelque chose.

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