L’ombre de ce que nous avons été, de Luis Sepùlveda (Chili)

Publié le par sabine

Ce roman est à la fois émouvant et drôle.

Au Chili, souvenirs de 1973, date du coup d’état militaire suivi de la violente répression des opposants, et des années d’exil pour certains. "La vie était remplie de trous noirs et il y en avait partout : on entrait dans une station de métro et on n'en ressortait jamais plus, on montait dans un taxi et on n'arrivait jamais chez soi, on disait lumière et les ombres vous engloutissaient".

Plusieurs anciens militants de gauche se retrouvent longtemps après. Ils veulent se lancer dans une dernière action, en souvenir de leur passé. Ils attendent « Le Spécialiste », qui est l’homme-clé de la situation. « Je suis l’ombre de ce que nous avons été et nous existerons aussi longtemps qu’il y aura de la lumière ».

Mais suite à une scène de ménage, dans une rue de Santiago désertée à cause des trombes d’eau, un tourne-disques traverse une vitre, et tombe malencontreusement sur le crâne d’un homme, qui meurt. C’est dérisoire… mais c’est ainsi. Un vieil inspecteur de police est chargé de l’enquête. Il est sympa, et son adjointe aussi, c'est une petite jeune née en 1973. L’auteur arrive à rendre tous ses personnages sympathiques : les anciens militants gauchistes, l’anarchiste, le couple de la scène de ménage, les flics. On sent qu’il les aime…

Luis Sepùlveda a sans doute pioché dans son histoire personnelle : condamné à 28 ans de prison par Pinochet, il a pu être libéré au bout de deux ans grâce à Amnesty International (merci !). Ensuite, c’est l’exil. Il vit maintenant en Espagne. Quel bonheur qu’il ait pu écrire tant d’excellents romans !

 

Publié dans romans étrangers

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