Le cas Sneijder, de Jean-Paul Dubois (France)

Publié le par sabine

Le narrateur, Paul Sneijder, raconte son « cas ». Ce titre prend son sens vers la fin du livre...

D'un premier mariage, Paul a eu une fille, Marie. Lors de son remariage, sa nouvelle femme a exigé de Paul que la petite Marie soit exclue de la nouvelle famille... et Paul n'a pas osé s'y opposer.

Cette lâcheté le poursuivra toute sa vie, et pourrira sa relation avec sa femme et les jumeaux qui naîtront.

En janvier 2011, il a 60 ans et habite Montréal. Sa fille, trentenaire, dentiste, vient le voir. Ils prennent ensemble un ascenseur dans lequel se trouvent déjà 3 personnes. Et c'est l'accident horrible. Paul sera le seul rescapé. Il se réveille du coma quelques semaines plus tard, et apprend la mort de sa fille.

Il abandonne son travail, devient promeneur de chiens, avec lesquels il se découvre une relation privilégiée. Tout cela avec la totale et haineuse désapprobation de sa femme. Paul est comme glacé tellement il est malheureux, mais sans l'exprimer.

On suit son évolution psychologique, on arrive à comprendre son obsession sur tout ce qui concerne les ascenseurs, sa nouvelle vision de la vie, ses relations avec les chiens, avec sa femme, avec ses fils, avec l'avocat, avec son patron et les clients. L'écriture de Jean-Paul Dubois est fluide, l’histoire est émouvante et prenante ; j'ai lu ce livre en 4 jours...

Un coup de cœur !

Quand j'ai refermé ce livre, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que la même histoire racontée par la femme de Paul m'aurait sans doute convaincue de la folie de cet homme...

 

« La vie, ce sport individuel qui mériterait, pour peu que l'on considère l'absurdité de ses règles, d'avoir été inventé par un Anglais bipolaire, avait assez d'humour pour laisser à des chiens […] le soin de me redonner une petite part de la confiance et de la douceur dont la plupart des miens m'avaient depuis longtemps privé. »

« J'étais simplement devenu un homme attentif. Regardant. C'était là une caractéristique que je partageais avec les chiens, du moins avec certains d'entre eux. Cette capacité de demeurer en alerte, silencieux, d'observer [,,,] chaque modification de l'image rétinienne, d'essayer de comprendre ce que ce changement pouvait induire, bref d'être au cœur de la vie sans jamais la quitter des yeux. Cette pratique était naturelle, instinctive chez la plupart des animaux. Pour ma part je la redécouvrais. Un peu comme si l'accident m'avait ramené en arrière, dans ces temps reculés où la vie était encore un bien fragile, précieux, sur lequel il fallait veiller à tout moment. »

Publié dans romans français

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