Chemins de poussière rouge, de MA Jian (Chine)

Publié le par sabine

Chine, 1982.

Les 90 premières pages montrent comment le narrateur, artiste à Beijing, en arrive à décider de fuir la capitale et les persécutions policières. C'est ensuite un long périple de trois ans à pieds, en train, en car, à travers la Chine, immense, ses déserts, ses communautés, ses traditions. Un voyage difficile, dangereux, la faim et la soif, les rencontres diverses, et souvent le rejet de cet « étranger ». Et le retour au bout du voyage...

"Au milieu de la nuit, éveillé, je m'allonge sur le lit métallique, grelottant de froid sous les deux minces couvertures. Dehors, le vent mugit à travers la pluie et la neige. Ce corps puant ne m'appartient plus, j'ai l'esprit aussi vide qu'un sac en plastique flottant dans le haut vent. Soudain, je pense à Pékin et réalise que, bien que la ville soit bourrée de policiers, il y a au moins un lit et un oreiller qui m'attendent là-bas. Je suis venu au Tibet dans l'espoir de trouver des réponses à toutes mes questions non formulées : j'ai simplement compris que, même lorsque les questions sont claires, les réponses ne le sont jamais. J'en ai par dessus la tête de voyager. J'ai besoin de m'accrocher à quelque chose de familier, ne serait-ce qu'une tasse de thé. Je ne peux pas survivre dans une région sauvage - la nature est infinie, mais ma vie a ses limites (...) Je m'arrête ici, non pas parce que l'Himalaya me barre la route, mais parce que mon chemin intérieur a pris fin."

Une carte géographique dessinée en début du livre, puis de chaque chapitre, permet de suivre ce « road movie ».

Ce livre m'a beaucoup intéressée car il m'a permis de faire un peu connaissance de ce pays si lointain. C'est une relation romancée des trois années que l'auteur, qui vit maintenant à Londres, a passées à parcourir son pays. Il a reçu le Tomas Cook Travel Book en 2002. Les livres de Ma Jian sont censurés en Chine.

Publié dans romans étrangers

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