Emportée, de Paule du Bouchet (France)

Publié le par sabine

La mère de Paule du Bouchet, Tina Jolas, a partagé un amour passionné et exclusif avec René Char. L'auteure avait 6 ans lorsque cet amour a commencé. C'est après la mort de sa mère qu'elle écrit ce livre : « J'ai voulu parler de ma mère. Je me suis rendu compte en achevant que j'ai parlé d'une douleur. »

Effectivement, ce qui me reste après cette lecture, c'est l'impression d'un grand désespoir et d'une grande solitude ressentis par la petite fille, mais aussi ensuite par l'adolescente et la jeune adulte.

« La solitude me fait si peur. C'est celle de ses départs. Toujours trop tôt, trop tôt alors que je ne dormais pas encore, trop tôt alors que nous n'avions pas fini de dîner, trop tôt alors que je n'étais pas encore partie en vacances. Trop tôt pour mourir. »

« La solitude, jusqu'à il y a peu, c'était d'abord l'abandon qui me démantelait. Le passé fragile, le présent menacé, l'avenir inconsistant (…) La seule chose que je sache clairement, c'est cela : chaque 'adieu', chaque 'au revoir' me renvoie à une fuite éperdue, celle de ma mère, et à cette 'force' qui la tirait hors de nous. Plus forte que mon père. C'était cela sans doute aussi l'insupportable : cette force qui la tirait hors de l'amour de nous. Il n'y avait jamais eu de 'nous'. »

Un amour bien égoïste !

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