Les oreilles du loup, d'Antonio Ungar (Colombie)

Publié le par sabine

De courts chapitres triés en 2 catégories : les jours sombres et les jours clairs.

Un petit garçon (3 à 6 ans) raconte quelques événements de sa vie, c'est son point de vue, il ne comprend pas tout. Il est solitaire et n'a pas de copain ; il trouve les autres enfants grossiers et ne partage pas leurs jeux. Il s'imagine être un tigre, il aime courir dans la montagne, grimper dans les arbres. Mais parfois il est un tigre en papier, et d'autres fois, il n'est plus qu'un petit chien. Le papa disparaît, la maman et la petite sœur jouent un rôle important, d'autres personnages interviennent : la grand-mère (côté jours sombres), une cousine, un grand-oncle (côté jours clairs).

« Lorsque je sors dans la campagne, le soleil me reçoit et mon instinct de tigre m'incite à aller en courant à la montagne, à me mettre à l'ombre de l'un des plus grands arbres et de là à ne regarder que le monde, empli de bonheur. Mais je me rends compte que je ne suis pas empli de bonheur, malgré tout. Que je peux de nouveau sentir l'ombre, planant sur la savane, encore loin de la maison, la longue ombre qui peu tout détruire. »

« Nous avons l'air d'insectes sous une pierre qu'on vient de soulever, mais ce n'est pas moi qui ai soulevé la pierre, qui nous expose à la lumière. C'est (,,,) l'ombre. L'ombre. Le fantôme de papa. Son absence, la terrible présence de sa pire absence. Celle qui fait que nous sommes ce que nous sommes, de petites personnes contentes dans une maison perdue au milieu du néant. Ce qui fait que je ne peux pas être là, heureux comme ma sœur et maman, vivant, mais dans un ailleurs plus froid, les regardant, me regardant. »

Un livre émouvant.

Publié dans romans étrangers

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