Kobra, de Deon Meyer (Afrique du Sud)

Publié le par sabine

Deux gardes du corps sont retrouvés morts dans une villa où ils protégeaient un mathématicien anglais. Cet homme, arrivé quelques jours auparavant en Afrique du Sud, a disparu ; il semble qu'il ait été kidnappé. Sur les douilles trouvées sur place, est gravée une tête de cobra. L’inspecteur Griessel est chargé de l'enquête.

Tyrone est un jeune bien sympa. Ses parents étant morts, il a décidé de prendre les études de sa sœur en charge. Il lui fait croire qu'il travaille comme peintre sur des chantiers. Mais il est pickpocket. Il a une technique bien éprouvée. Un jour, il dérobe le portefeuille d'une jolie touriste... Aussitôt, les ennuis commencent, les cadavres s'accumulent autour de lui. Les douilles laissées sur place ont une particularité : une tête de cobra est gravée dessus... La sœur de Tyrone est enlevée.

L'enquête de Griessel va être bien compliquée, surtout que le consulat de Grande Bretagne semble vouloir retenir certaines informations sur l'homme disparu. Et il faut peu de temps à la SSA, l'agence de sécurité de l’État, pour décider de lui retirer cette enquête. Il y aurait donc des enjeux politiques ? Griessel et son équipe s'accrochent...

Quant à Tyrone, il décide d'essayer de se sortir tout seul de ce mauvais pas et d'en tirer la maximum d'avantages. C'est très dangereux, mais il est ingénieux...

L'action finale, qui se passe dans un train et une gare, est particulièrement bien imaginée.

Deon Meyer décrit des personnages intéressants : Tyrone, Griessel (qu'on connaît déjà), mais aussi Mbali Kaleni, capitaine de police, une femme petite et grosse, qui ne supporte pas d'entendre des jurons, qui se conforme toujours (ou presque) strictement aux règles, qui a une haute idée de ce que devrait être son pays.

« Mbali Kaleni avait envie de pleurer. C’était son plus grand secret, plus grand que les paquets de chips, le poulet de chez KFC ou les chocolats qu’elle mangeait en douce dans son bureau. (,,,) Sur une scène de crime, elle avait envie de pleurer. A cause de la perte, de l’absurdité de la tragédie, mais par-dessus tout à cause de la capacité humaine à faire le mal. Cette cruauté la hantait et lui brisait le cœur. Pourquoi des individus, en particulier dans ce pays, violaient, mutilaient et tuaient-ils ? Le lourd fardeau du passé ? Ou cela venait-il du socle même de l’Afrique du Sud, un champ énergétique démoniaque qui perturberait l’esprit des gens ? »

Griessel est déprimé : « Il se souvint avoir eu un moment de clairvoyance après quelques années à la brigade des Vols et Homicides, quand il contrôlait son alcoolisme et qu'il passait encore du temps à réfléchir à ce genre de questions : La vie n'est qu'une longue succession de désillusions, qui nous guérit des mythes et fictions de l'adolescence. »

Un grand plaisir de lecture, parsemé de quelques pointes d'humour (par exemple , l'un des flics s'exclame « On se croirait dans un roman d'espionnage »...!)

Le problème, avec tous les romans de Deon Meyer, c'est qu'on croit avoir de la lecture pour au moins une semaine, vue l'épaisseur du volume, mais qu'il s'avère que c'est faux : tous ses livres sont lus en quelques jours, sinon quelques heures. Deon Meyer maîtrise à la perfection l'art du suspense, et oblige son lecteur à tourner les pages encore et encore, même si l'on s'est promis d'arrêter parce qu'il est trop tard, que demain, faut se lever tôt, parce qu'il est l'heure d'y aller... ! Lorsque je suis arrivée à la fin, j'étais essoufflée !

Publié dans romans policiers

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Marilys 26/06/2015 20:56

ah oui , bien d'accord avec toi, je suis en train de lire ce livre, on a du mal à arrêter de tourner les pages !