Et ils oublieront la colère, d'Elsa Marpeau (France)

Publié le par sabine

Un roman policier qui se passe à deux époques : 1944 et 2015.

En 1944, Marianne est poursuivie par des gens de son village qui veulent la tondre... Elle fuit à travers la forêt pour rejoindre sa maison, dans la campagne aux environs de Sens, où elle retrouve son frère et sa sœur.

En 2015, au même endroit, un homme est tué au bord d'un lac.

Garance est chargée de l'enquête. Elle se heurte au mutisme, aux mensonges, à la violence, aux bizarreries de la famille propriétaire du domaine. Mehdi, l'homme assassiné, était le tout nouveau propriétaire d'une des maisons autour du lac. Il était professeur d'histoire au lycée de Sens, et travaillait sur un essai « Le retour de la colère ». Il s'intéressait particulièrement aux femmes qui furent tondues pour collaboration avec l'ennemi en 1944.

Il sera difficile pour Garance de dénouer tous les fils, de faire remonter les secrets de famille à la surface... Le passé et le présent se mélangent, Garance se rase les cheveux, l'enterrement de Mehdi la ramène à celui de sa mère, elle évoque ses souvenirs de chasse avec son grand-père...

Le sujet de l'essai de Mehdi : « Pour lui, le monde s'apprêtait à revivre un basculement aussi irréversible que la Seconde Guerre, Hiroshima, les camps. Il disait que toutes les conditions étaient réunies pour qu'advienne une catastrophe. Les conditions économiques : la crise financière, la création de nouveaux axes de puissance, la chute annoncée des États-Unis et celle déjà réalisée de la vieille Europe, la nécessité d'écouler les stocks d'armes et d'en construire d'autres pour faire marcher les usines d'armement, le désir d'empêcher le peuple de se retourner contre ses propres gouvernants en lui désignant un autre ennemi à abattre. (...) Pour lui, il ne manquait plus qu'un dernier jalon, sur le point d'advenir : l'oubli définitif des horreurs du siècle dernier. Notre seul garde-fou, à ses yeux, c'étaient les derniers survivants, qui étaient là pour rappeler à quoi ressemble une guerre, en vrai : un bordel complet, de la boue et des bavures. »

Publié dans romans policiers

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