Temps glaciaires, de Fred Vargas (France)

Publié le par sabine

J'ai retrouvé avec plaisir l'équipe d'Adamsberg, sur une enquête un peu compliquée. Des meurtres déguisés en suicides, et qui semblent avoir pour origine un événement terrible datant de quelques années, qui s'est passé en Islande. Toutes les personnes assassinées faisaient partie d'une association, : l' « Association d’Études des Écrits de Robespierre », qui se réunit pour rejouer en costume d'époque les séances de L'Assemblée constituante jusqu'à celles de la Convention, avec Danton, Robespierre, Saint-Just, Fouché,... Il y a aussi dans cette histoire un sanglier, Marc (!), qui protège une vieille dame.

Un visite en Islande, des incursions dans les réunions de l'association, de nouveaux meurtres, des suspects (14 en 9 jours !), des fouilles dans le passé soigneusement caché de certains personnages,... les enquêteurs s'égarent... ce qui créé des dissensions dans l'équipe d'Adamsberg.

« Cette affaire de " pelleteur de nuages " - comme un sergent québecois avait un jour surnommé Adamsberg – clivait depuis longtemps la brigade, opposant les " croyants " et les " positivistes ". " Croyants ", ceux qui accompagnaient les dérives, souvent muettes ou mal déchiffrables, du commissaire, par loyauté ou même par foi (…) " Positivistes ", ceux qui ne démordaient pas d'une stratégie cartésienne pour le bien des enquêtes, et que les ondulations, voire les échappées insaisissables du commissaire désarçonnaient ou exaspéraient (...) »

Voici quelques passages qui permettent de capter les caractères de chacun :

« Les trois hommes déambulaient dans l'allée sombre, Danglard suivait la ligne de graviers – pour ne pas endommager ses chaussures -, tandis qu'Adamsberg marchait sur le bas-côté, ne laissant jamais passer une opportunité de fouler l'herbe. Une preuve, avait dit caustiquement le divisionnaire – qui estimait Adamsberg sans l'aimer -, que le commissaire n'avait jamais atteint un degré normal de civilisation. Depuis qu'on laissait pousser les mauvaises herbes sur les grilles des arbres à Paris, Adamsberg déviait souvent ses pas pour passer sur ces grilles, infimes espaces de sauvagerie. »

Retancourt (son rapport de filature nocturne): « Pour l'anecdote, ai été agressée cette nuit en planque rue Norevin par trois petits connards au crâne rasé qui m'avaient pris pour une femme désirable. Suis très flattée. Justin témoin, pas d'embrouille en vue, mais les gars sont au commissariat du 18e, un peu amochés. »

« Il arrivait que Mordent s'égare à son tour, mais uniquement quand il songeait à ses contes et légendes, et pour très peu de temps. Son regard n'était jamais lavé comme celui d'Adamsberg. Il gardait toujours l’œil fixe et précis de l'oiseau guettant sa proie. Ses échappées n'étaient qu'incartades tandis que celles du commissaire évoquaient de longues marches sans boussole dans les brumes. »

« Voisenet était un actif, et l'impuissance, l'attente, l'échec lui mettaient les nerfs à vif. Un naturel empressé, en apparence incompatible avec l'observation des poissons d'eau douce. Adamsberg estimait justement que cette fixation poissonneuse fournissait à Voisenet un antidote vital. »

Publié dans romans policiers

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