Ténèbres prenez-moi la main, de Dennis Lehane (USA)

Publié le par sabine

Un polar très sombre, faut dire qu'avec ce titre...

Patrick Kenzie et Angela Gennaro tiennent une agence de détectives. Ils sont amenés à enquêter sur plusieurs meurtres ayant des ressemblances avec un meurtre datant de 30 ans. Tout se passe dans leur quartier, le quartier où ils ont été élevés, où ils connaissent tout le monde. De vieilles haines sont rappelées, de vieilles histoires ressortent, des vengeances seront assouvies... L'atmosphère est pesante, et peu à peu, les détectives semblent être devenus la cible du meurtrier. Nombreuses fausses pistes, revirements, suspicions, découvertes de secrets... Les personnages sont denses, ambivalents... humains. C'est Patrick Kenzie qui raconte l'histoire, et l'utilisation du « je » nous fait d'autant plus ressentir toutes les tensions. Dès le début, le prologue (écrit après la fin de l'histoire) nous plonge dans l'angoisse...

Un roman très attachant ! J'aime bien cet auteur, dont j’apprécie particulièrement l'écriture.

« Je sais que la société nous incite à parler des drames que nous vivons, à en discuter avec des amis ou des inconnus compétents, et c'est peut-être réellement efficace. Mais je reste persuadé qu'on a tendance à trop en dire dans cette même société, qu'on attribue à la parole des vertus qui lui font souvent défaut, et qu'à force, on ne se rend plus compte de l'état de complaisance morbide dans lequel elle nous plonge forcément. »

« Il nous achèverait quand il en aurait envie. Dieu que cette pensée était moche, avec ses relents de nombrilisme pitoyable – la pensée que nous n'étions rien, aucun de nous, rien qu'un tas d'organes, de veines, de muscles et de valves baigné par des flux de sang à l 'intérieur d'une enveloppe fragile, inutilement prétentieuse. Celle que d'une chiquenaude, [le meurtrier]* pourrait nous flinguer, nous éteindre aussi facilement qu'on actionne un interrupteur, et notre petit tas d'organes et de valves cesserait alors de fonctionner, les lumières s'éteindraient pour de bon, et l'obscurité serait totale. »

* je cache son nom, pour garder le suspens !

Publié dans romans policiers

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