Un membre permanent de la famille, de Russel Banks (USA)

Publié le par sabine

Douze nouvelles de Russel Banks.

Petites tranches de vie :

Un ancien marine au chômage se débrouille pour réussir à survivre sans que ses enfants adultes le sachent ; un couple se sépare, et le chien choisit le mari ; un homme est invité à une fête chez son ex-femme et son nouveau riche mari ; un transplanté du cœur que la femme du donneur souhaite rencontrer pour écouter le cœur battre ; une femme se retrouve soudain veuve et découvre la liberté de vivre selon ses envies ; un homme vient de recevoir un prix pour récompenser son œuvre artistique, ce qui suscite la jalousie de certains de ses amis ; un femme pauvre a fait des économies pour pouvoir se payer une voiture d'occasion, et se retrouve enfermée la nuit dans le parking d'un garage, face au chien de garde ; un homme entre dans une supérette dont la caissière chinoise refuse de servir une cliente noire ; un vieux couple habitant un camping-car doit se débarrasser de son chien mort ; un commercial retrouve à un congrès une femme avec laquelle il a eu une aventure sans lendemain ; un homme reçoit les confidences embrouillées d'une femme dans un bar ; un barman à qui un client demande où trouver de quoi satisfaire ses besoins sexuels...

Des situations simples, des personnages intéressants, des moments de vie où il se passe peu de choses, mais où l'on sent les personnages évoluer psychologiquement.

J'aime beaucoup comment l'auteur réussit à décrire les personnages et leurs relations en quelques lignes, par exemple ce couple : « D'emblée ils avaient été bohèmes et sexuellement libérés, et leur vie commune avait connu des cahots et des turbulences. Il avait eu des liaisons et elle, pour se venger, avait eu les siennes, mais au fil des ans il était devenu évident pour tous les deux que jamais personne d'autre ne les comprendrait ni ne les accepterait autant qu'ils se comprenaient et s'acceptaient l'un l'autre. Ils n'avaient pas eu d'enfant et leur seul motif de dispute périodique, à présent, portait sur la manière de s'occuper de leurs deux chiennes (…) et de les dresser. Ellen était maternelle à leur égard, mais Erik était le mâle alpha de la meute – du coup, Ellen l'avait surnommé Big Dog. »

Une écriture subtile.

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