Le charme discret de l'intestin, de Giulia Enders (Allemagne)

Publié le par sabine

Vu que ce livre est le best-seller actuel parmi les «essais-documentaires», et donc qu'on trouve des critiques élogieuses partout, y compris dans «60 millions de consommateurs», inutile que je vous en raconte... l'intrigue ;o)

Il est très rare que j'arrive à lire un documentaire en entier, en général, je butine une page par-ci, une page par-là. Et bien, ce livre, je l'ai lu en entier, avec un intérêt grandissant !

Giulia Enders écrit d'une façon alerte et drôle sur un sujet... peu ragoûtant. J'ai aussi admiré le travail de la traductrice Isabelle Liber. Les dessins de sa sœur Jill Enders complètent bien le texte d'une façon pédagogique et amusante. Et en plus, j'ai appris des tas de choses... que demander de plus ? Pour vous donner envie, je donne ici quelques exemples :

(pour l'écriture:) « (…) les fringales qui nous font avaler des chocolats fourrés au caramel et un paquet de chips sur le coup des vingt-deux heures ne seraient pas toujours induites pas l'organe qui s'occupe aussi de notre déclaration d'impôts. Il y a dans notre ventre – et dans notre cerveau – une assemblée de bactéries qui, quand elle a été mise au régime les trois jours précédents, votera à l'unanimité un réapprovisionnement en hamburger. Et elle le fait avec tant de tact et de délicatesse que nous ne pouvons pratiquement rien lui refuser.» Quelques pages plus loin : « Les bonnes bactéries défendent notre intestin – après tout, c'est leur patrie et elles ne sont pas du genre à laisser de mauvaises bactéries leur piquer la place. Elles vont par exemple s'installer juste à l'endroit où des agents pathogènes aiment venir nous faire du mal. Quand la vilaine bactérie arrive, elles sont déjà assises à sa place favorite et, le sourire railleur, s'empressent de poser leur sac à main sur le siège d'à côté pour occuper encore plus de place. »

A propos des toxoplasmes, une étude faite sur 3890 personnes : « (…) on évalua tous les accidents de la route des 3890 participants, ce qui permit de mettre en évidence des facteurs de risques. En tête du classement : une infection massive aux toxoplasmes couplée à un groupe sanguin spécifique (rhésus négatif). » (…) « En cas d'infection aux toxoplasmes, le système immunitaire active une enzyme (IDO) pour nous protéger des parasites. Celle-ci résorbe alors en quantité accrue une substance dont les envahisseurs se nourrissent et les force ainsi à entrer en phase de somnolence et d'inaction. Malheureusement, la substance en question est aussi l'un des ingrédients permettant de fabriquer la sérotonine (petite piqûre de rappel : pas assez de sérotonine = états dépressifs ou anxieux). » Plus loin, un autre problème avec les toxoplasmes : « parmi les personnes touchées par la [schizophrénie], on recense à peu près deux fois plus de personnes hébergeant des toxoplasmes que dans un groupe témoin ne présentant pas les symptômes de la schizophrénie. ».

Hum, depuis que j'ai lu ce passage, je regarde les chats avec plus de défiance !

Mille mercis à Christiane qui m'a conseillé ce livre...

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