Quand le diable sortit de la salle de bain, de Sophie Divry (France)

Publié le par sabine

La narratrice, Sophie, n'arrive pas à vivre de sa plume. Elle est au chômage et, suite à une facture de régularisation d'EDF et à un retard de paiement de ses allocations, elle se retrouve avec 17,70€ jusqu'à la fin du mois. La faim devient vite une obsession... surtout que ça ne s'arrange pas le mois suivant.

Cette histoire pourrait être triste, mais l'écriture alerte la rend plutôt drôle. Sophie affronte sa mère qui intervient dans sa tête, son diable Lorchus qui lui suggère des idées pas très légales, son ami Hector qui lui raconte ses expériences sexuelles. Ses relations avec le Pôle Emploi et les administrations sont par contre bien ancrées dans la réalité, elles sentent le vécu. Par exemple l'échange de courriels avec le Pôle Emploi, qui aboutit toujours à « appelez le 3949 » (c'est un serveur vocal exaspérant, très difficile à obtenir tant il est surchargé). Un autre exemple : la liste de photocopies à fournir pour une demande d'aide, alors que Sophie compte ses dépenses au centime près.

Il lui reste à choisir entre le grille-pain et la bouilloire électrique à proposer sur leboncoin.fr, à déterminer quels livres vendre dans une librairie d'occasions, à calculer au plus juste le prix de tout ce qu'elle choisit au supermarché, à manger des pâtes et du pain. Les expériences de petits boulots de serveuse dans les restaurants sont savoureuses, c'est le cas de la dire.

Je dois tout de même avouer ma déception, après « La cote 400 » qui m'avait tant plu. Bien sûr, j'ai aimé les inventions lexicales. Par exemple les interventions imaginaires de la mère sont toujours qualifiées par des verbes originaux : « s'exclamaugréa ma mère », « articulâcha ma mère », « intervindica ma mère »... Mais il m'a semblé que l'auteure faisait du remplissage quand elle se lance dans ses énumérations interminables, peu lisibles et finalement agaçantes (je les ai presque toutes sautées, et je me demande quel pourcentage de lecteurs les a toutes lues... un sondage sur 3 personnes ayant lu ce livre m'a donné 100 % de non-lecture totale ou partielle).

Publié dans romans français

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LaClaire 15/01/2016 08:45

Je suis d'accord !
Pourtant l'écriture alerte me laisse un bon souvenir, c'est déjà ça.