La petite fille de Monsieur Linh, de Philippe Claudel (France)

Publié le par sabine

M. Linh a dû quitter son pays, où sa famille et son village ont été détruits. Il emmène avec lui sa petite fille, un bébé, qu'il a retrouvée indemne. Il part à pieds vers le port le plus proche, et là, il monte dans un bateau qui l'amène en France. Découverte d'un pays dont il ne connaît ni la langue, ni les usages, ni les aliments, ni les odeurs...

L'histoire d'une grande solitude, mais aussi d'une amitié avec un homme rencontré sur un banc, seul lui aussi depuis que sa femme est morte. Une amitié qui ne passe pas par le langage : l'intonation, le regard, une main sur une épaule... Les deux hommes se retrouvent tous les jours sur le même banc. Mais M. Linh est ballotté par la vie, et un jour, les responsables de l'accueil des réfugiés l'emmènent ailleurs.

Les retrouvailles seront difficiles, lumineuses, mais fulgurantes.

Un beau livre, émouvant, une histoire simple et actuelle...

Un extrait : "Une voiture les emmène dans des rues qu'il n'a jamais vues. C'est la première fois que Monsieur Linh monte dans une voiture. Il est effrayé. Il se blottit dans l'angle du siège, presse sa petite fille contre lui. Elle ne paraît pas inquiète (...) Pourquoi la voiture va-t-elle si vite ? A quoi cela sert-il ? Monsieur Linh se souvient du rythme des charrettes tirées par les buffles, du long et souple balancement, qui fait parfois dormir, parfois rêver, et du paysage qui change avec une lenteur précieuse, une lenteur qui permet de regarder vraiment le monde, les champs, les forêts, les rivières et de parler avec ceux que l'on croise, d'entendre leurs voix, d'échanger des nouvelles. La voiture est comme un coffre jeté du haut d'un pont. On y étouffe. On n'y entend rien d'autre qu'un sourd et inquiétant rugissement. Le paysage tourbillonne au-dehors. On ne peut rien saisir. On a l'impression qu'on va s'écraser bientôt."

Publié dans romans français

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