Millénium 4 : ce qui ne me tue pas, de David Largercrantz (Suède)

Publié le par sabine

L'auteur a fait très fort : un polar aussi bon que les 3 tomes précédents écrits par Stieg Larsson, avec les personnages bien dans la ligne, une belle cohérence !

Ici, il s'agit d'une histoire de vol de secret industriel, assez compliquée car à plusieurs «bandes», si l'on peut dire... Au centre de l'histoire, un génie de l'informatique, spécialiste en Intelligence Artificielle : Frans Balder avec son fils autiste surdoué ; mais aussi : le beau-père du petit garçon, la brigade criminelle suédoise, la Säpo (police de sûreté suédoise), la NSA (sécurité américaine), la bande de Wasp (Lisbeth Salander), Mikael Blomkvist et son journal Millenium, les Spiders (criminels russes), … Pour compliquer le tout, des traîtres parmi les flics, qu'ils soient suédois ou américains.

En conclusion «Cette histoire révélait à quel point le monde dans lequel nous vivons était malade quand chacun était surveillé, du plus faible au plus puissant, et qu'on exploitait jusqu'à l'os toutes les méthodes pour s'enrichir, quelles qu'en soient les conséquences

Tout se passe en quelques jours, et tout s'accélère à partir du 20 novembre. Les titres des chapitres nous donnent la notion du temps («20 novembre» pour six chapitres, puis «le soir du 20 novembre», «la nuit du 21 novembre», ...). Les petits paragraphes se succèdent comme un puzzle en suivant chacun un des groupes ou un des personnages, ce qui pousse le lecteur à tourner les pages sans pouvoir abandonner le livre. Et l'auteur ajoute du suspense en introduisant de temps en temps des phrases lourdes de menaces «Il [le policier] sortit informer son équipe sans savoir encore qu'il commettait une erreur», ou, à la fin d'un dialogue qui semble sans conséquence entre Mikael et un jeune journaliste «Il se souviendrait longtemps de la scène».

Deux aspects m'ont particulièrement intéressée : le cas de l' « autiste savant », et la réflexion sur l'intelligence artificielle. «Nous partageons environ quatre-vingt-dix pour cent de notre ADN avec les souris, et on estime que l'homme est cent fois plus intelligent que cette petite bête. Ici, nous nous trouvons face à une dimension totalement nouvelle qui, d'après les modèles mathématiques, ne connaît pas de telles limites. Une intelligence qui pourrait peut-être devenir des millions de fois supérieure à celle de l'homme. (...) Comment croyez-vous qu'un ordinateur se sentira lorsqu'il se réveillera et découvrira qu'il est emprisonné et contrôlé par des bestioles aussi primitives que nous ? Pourquoi accepterait-il une telle situation ? Pourquoi ferait-il preuve de la moindre considération ?»

La fin laisse penser qu'un nouvel opus est envisageable : les «méchants» sont toujours là !

Publié dans romans policiers

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LaClaire 08/05/2016 18:02

Je l'ai lu il y a plusieurs mois, mais j'ai gardé un bon souvenir également; meilleur que pour les 3 premiers, que je trouvais inutilement racoleurs dans la violence. Le "repreneur" a fait du bon boulot !

sabine 08/05/2016 18:37

ah oui, c'est toi et Gilles Sardin qui m'ont donné envie de le lire... merci !