Le problème Spinoza, d’Irvin Yalom (USA)

Publié le par sabine

Passionnant !!

Irvin Yalom s’est intéressé à Baruch Spinoza (philosophe, XVIIe siècle) et à Alfred Rosenberg (penseur du nazisme, XXe siècle). Il a imaginé, à partir d’un fait réel, que Rosenberg était fasciné par Spinoza, alors qu’il haïssait les juifs. Et il a imaginé la vie de Spinoza : excommunié de sa communauté juive d’Amsterdam, Spinoza a mené une vie solitaire et simple entièrement consacrée à la pensée philosophique. A chacun des deux, l’auteur attribue un confident : Franco partage une partie des idées de Spinoza sur la religion, mais lui, il essaie de la changer de l’intérieur ; Friedrich, psychiatre, essaie d’aider Rosenberg à comprendre son incessant sentiment d’isolement dans son groupe politique et dans sa vie.

Ce livre m’a passionnée de par l’analyse des pensées de Spinoza, un homme d’une grand rigueur intellectuelle, très honnête, et très en avance sur son siècle : certaines de ses idées sont d’une étonnante actualité aujourd’hui… Il revient sur les textes de base de sa religion : « Il y a un certain temps, j’ai décidé de retourner aux sources, j’ai acquis la maîtrise de l’hébreu ancien et de l’araméen, et j’ai repris à la base le travail sur les mots. Pour vraiment comprendre les mots de la Bible, il faut connaître les idiomes anciens et les lire dans un esprit libre et neuf. Je veux que nous lisions en examinant très attentivement les mots de la Bible, sans tenir compte de ce que le rabbins ont pensé qu’ils voulaient dire, ni des métaphores que les savants ont imaginées ou prétendu y voir, ni des messages secrets que les kabbalistes ont trouvés dans certains de leurs motifs et dans les valeurs numériques de leurs lettres. »

« Je souhaite mener une vie de piété sans l’interférence d’aucune religion. Je suis convaincu que toute religion – qu’il s’agisse du catholicisme, du protestantisme, de l’islam ou du judaïsme – ne fait que nous dissimuler les vérités essentielles. J’espère voir un jour le monde débarrassé des religions, un monde dont la religion universelle permettrait à l’individu d’user de sa raison pour connaître et vénérer Dieu. »

« Je crois que les chefs religieux s’éloignent de leur mission spirituelle en se mêlant de ce qui relève de la politique. Votre autorité et votre rôle de conseil doivent se limiter à la piété de chacun et à sa vie intérieure. (…) La religion et l’état doivent être séparé. »

C'est un livre facile à lire, d'une grande fluidité, captivant.

L’auteur nous propose deux textes très intéressants à la fin du roman. Dans l’Épilogue, il explique ce que deviennent les deux hommes, et le contexte de leur vie (pour Rosenberg, le procès de Nuremberg). Dans la « Genèse du Problème Spinoza », Irvin Yalom nous explique ce qui l’a amené à écrire ce roman, quelles en sont les bases véridiques, et quels en sont ses ajouts imaginés.

Un livre que je conseille vivement à tous !

Un grand Merci à l’amie qui me l’a prêté. J’ai l’intention de me l'acheter, il me semble utile de l'avoir dans ma bibliothèque.

Pour d’autres critiques de ce livre, voir et.

 

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Marilys 05/11/2016 10:33

passionnant ! et qui donne envie de lire les autres livres de M.Yalom....

sabine 05/11/2016 19:38

je suis contente que ça t'ait plu. Moi aussi, j'ai eu envie de lire les autres. J'en ai acheté un en librairie (je ne sais pas pourquoi cet auteur n'est dans aucune de mes cinq bibliothèques !), mais je ne l'ai pas encore lu. Je te la passerai à Noël !