La soif, d’Andreï Guelassimov (Russie)

Publié le par sabine

Kostia (le narrateur) est un jeune homme dont l’occupation principale est de boire de la vodka. Sa voisine vient le chercher de temps en temps lorsqu’elle a un problème d’autorité avec son petit garçon : Kostia le fait obéir car… il lui fait peur !

Peu à peu, Kostia raconte des bribes de sa vie : une enfance difficile, entre une mère jalouse de son mari, et un père dragueur, une scolarité problématique, remplacée par des cours de dessin chez un homme étrange et alcoolique, qui essaie de lui apprendre à regarder (et lui apprend aussi à boire), un passage cauchemardesque à l’hôpital pour une appendicite, et le drame vécu pendant la guerre de Tchétchénie…

Un copain vient le chercher pour partir à la recherche d’un autre qui faisait partie du groupe de 4 jeunes soldats ensemble dans un tank pendant la guerre… Errance dans un climat d’indifférence de la part de Kostia, qui ne fait que tout regarder… et dessiner. Dans ses dessins, il « rend » aux anciens soldats ce qui leur a été enlevé par la guerre : « A l’un, je dessinai une jambe, à un autre – une femme. A un troisième ses amis qui avaient été tués. A un quatrième, je faisais un enfant en bonne santé. A tous ces hommes je donnais de la vigueur, à leurs femmes de la beauté, à leurs enfants de la drôlerie. Je dessinais ce qu’ils n’avaient pas ». A la fin, il dessine… son visage.

Un livre terrible, sur l' horreur de la guerre, les ravages qui s’ensuivent, d’autant plus touchant que c’est sans doute très proche de la réalité, une réalité tellement contemporaine !

Publié dans romans étrangers

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