Belle et rebelle, ma France, de Nedim Gürsel (Turquie)

Publié le par sabine

belle-et-rebelle-ma-france.jpgNedim Gürsel est turc. Il a beaucoup voyagé en France, et nous donne là ses notes de voyage. Chaque ville pour lui est prétexte à retrouver des souvenirs de jeunesse, à se rappeler l’histoire de France, à évoquer les écrivains, les poètes, les peintres passés par là. Il observe l’architecture, flaire l’ambiance, arpente les rues. Il aime les rivières, les ponts. Il se souvient de ses amies (nombreuses, semble-t-il). Il cite des écrivains français et turcs. Il remet dans leur contexte certains tableaux (par exemple « les demoiselles d’Avignon » de Picasso, qui ne montre pas des demoiselles, et qui n’a rien à voir avec Avignon…).

C’est un livre agréable à lire. On retrouve Prévert, Hugo, Balzac, Villon, Rabelais, Pagnol,…Quelques villes évoquées : Brest, Poitiers, Angoulême, Besançon, Blois, Avignon, Nice, Marseille,...

Quelques détails m’ont gênée… mais certains peuvent être dus à la traduction ( ?). Par exemple, décrivant une femme nue peinte sur un tableau : « Ses cheveux cachent le bout de ses seins et ses parties honteuses » Grrr ! Que ça m’énerve, ce genre d’expression à la con (oui, désolée, c’est ce que je pense) qui influencent forcément les jeunes qui les lisent… et leur donnent des complexes. Ça vient d’où ça ? De la pire morale chrétienne et du « péché originel » ? Sous la plume d’un turc « musulman agnostique », je ne m’y attendais pas… Et si c’est dû au traducteur, il aurait pu choisir « parties intimes ». Un peu plus loin : « N’ayant pas les moyens de m’acheter des livres, j’étais forcé d’aller lire à la bibliothèque », comme si c’était une punition ! Moi qui adore les bibliothèques, j’ai du mal à lire ça. Surtout quand, quelques lignes plus loin, je lis « j’allumais cigarette sur cigarette ». C’est un choix, M. Gürsel, que de préférer acheter des cigarettes plutôt que des livres. Pour le traducteur, je propose "j'allais lire à la bibliothèque". Mais ce ne sont que des détails qui m’ont simplement rendu l’auteur moins sympathique, alors que c’est un homme très érudit, qui aime la France, l’observe, la raconte avec talent. Et j’avoue avoir abandonné ce livre à la page 200 (sur 237), à la fin d'un après-midi morose et froid. Décidément, je préfère les romans…

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