Hélianthe, de Stefano Benni (Italie)

Publié le par sabine

héliantheUn livre étonnant, comme un rêve bizarre qui part dans tous les sens...

Tout tourne autour d'Hélianthe, un jeune garçon hospitalisé à la villa Bacille (!) pour une maladie étrange, le Mal Doux, qui l'affaiblit et dont l'issue semble fatale. Mais l'infirmier Thalès et le docteur Satagius veillent.

Trois groupes d'énergumènes s'activent dans les mondes "altéréens", autour de la Terre.

- 3 adolescents, amis d'Hélianthe : Bouchedemiel, belle comme un rayon de soleil, Iri avec sa caméra, et Rangio qui, avec sa guitare, peut faire des choses extraordinaires.

- 3 diables : la diablesse Carmilla aux yeux jaunes étincellants, le diable Brot, un géant gourmand et laid, et le diable Ebenezer, aux grandes ailes anthracite.

- Fuku le guerrier et les 2 yogis indiens minuscules Visamarachanda (dit Visa) et Patachamadanda (dit Pata), devenus gros comme des grains de riz à force de cultiver des bonsaïs.

Les 3 adolescents partent à la recherche des ingrédients nécessaires à la fabrication d'un remède magique pour Hélianthe. Ca ne sera pas facile...

Les 3 diables sont chargés par Lucifer de détruire le "Zentrum", qui organise, prévoit et surveille tout dans le pays de Tristalia (sur Terre). Pour cela, il leur faut trouver un Kofs, être magique qui connaît tout du passé, du présent et de ce qui va arriver.

Fuku et les 2 yogis nains partent à la recherche de Tigre Triste, un terrible combattant, qui doit s'affronter à Rollo Napalm, non moins redoutable, pour sauver l'autonomie du comté des Montagnes.

Tous ces personnages se baladent d'un monde à l'autre, autour (ou dans) la Terre. Il y en a sept, tous différents, tous extraordinaires. Voyages fabuleux...

L'écriture est à la fois poétique et jubilatoire, un vrai régal. Ne surtout pas rater le prologue qui décrit le grand fracas de l'univers. J'ai particulièrement aimé le personnage d'Hermès Trismégiste, chargé, à partir de quatre éléments (carbone, hydrogène, azote et oxygène), de fabriquer tous les êtres vivants. Il est furieux car il a du mal à monter le mille-pattes : "(...) comment fera-t-il pour ne pas trébucher ? Mais à quoi servent tous ces pieds (...) N'est-ce pas du sadisme ? Pourquoi créer un mille-pattes ? Pour qu'il se retrouve dans des histoires drôles ? Mais je n'ai pas le droit de discuter, je ne suis qu'un ouvrier, et que je te fixe des pattes et que je te monte des glandes répulsives, et gare à moi si je confonds segment anal et tête globulaire, car on le traiterait de face de cul. Comment un esprit supérieur peut-il penser de manière aussi perverse ?". Quand, plus tard, il doit inventer le principe d'Archimède, il a des tas d'idées, mais aucune ne fonctionne (par exemple : "tout corps plongé dans un fluide à la fin se casse", ou "tout corps plongé dans un fluide se noie"...)

Merci à Patrick qui m'a fait découvrir ce livre !

Publié dans romans étrangers

Commenter cet article