Home, de Toni Morrison (USA)

Publié le par sabine

homeUne histoire toute simple: Franck, un jeune américain, revient de la guerre de Corée, reste quelques mois avec Lily, puis part retrouver sa petite sœur, Cee.

Le problème, c’est qu’ils sont noirs, ça fait une grosse différence. Quand Franck revient dans son pays, il n’est pas accueilli comme le sont les blancs. La guerre laisse des traces psychologiques profondes et dévastatrices. Surtout qu’il a vu mourir dans ses bras ses deux amis d'enfance, avec lesquels il était parti en Corée. Revenir et être le survivant du village n’est pas simple. Il lui faudra s’en débrouiller tout seul. Il décide de repartir dans sa Georgie natale parce qu’il a reçu une lettre l’informant que Cee va mourir. A cette époque (j’espère que ça a changé ?), quand on est noir, il faut être continuellement attentif, aux aguets. Alors faire un grand voyage en car, puis en train, à pieds, en taxi clandestin, quand on commence par se faire voler tout son argent, c’est risqué et difficile.

Toni Morrison intercale l’histoire de Franck avec des petits chapitres écrits en italiques, où Franck est le narrateur, donne sa version, et s’adresse à l’auteur : « Puisque vous tenez tellement à raconter mon histoire, quoi que vous pensiez et quoi que vous écriviez, (…) », version légèrement différente sur les intentions de Franck. Un chapitre consacré à Cee, un autre à Lily, un autre à Lenore (la grand-mère de Franck et Cee), donnent de la profondeur à chacune d’elles : c’est intéressant, par exemple, de comprendre un peu mieux Lenore qui est une grand-mère si malveillante.

Sont décrits l’agressivité, le mépris, la violence des blancs envers les noirs, mais aussi quelques fois le soutien, l’aide improbable et gratuite d’inconnus rencontrés pendant ce voyage.

Une histoire que j’ai aimé découvrir, mais une petite chose m’a gênée : certaines tournures, certaines expressions, alors est-ce un problème de traduction ou moi qui commence à un peu trop vieillir pour tout comprendre (je m’en rends compte aussi quand je regarde certains films, surtout les films américains : ça va trop vite, je ne comprends pas tout !) Je donne quelques exemples :

« L’époux de Lenore avait des économies, une assurance, ainsi qu’une propriété à l’abandon appartenant à son cousin » ; « un unique quelque chose remuait » ; « Elle n’aurait jamais d’enfants dont s’occuper ».

Comme je ne veux pas finir sur un aspect négatif, j’insiste : c’est un très bon livre, c’est du Toni Morrison, donc de la qualité !

Publié dans romans étrangers

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La Mante 05/11/2012 08:49

j'ai un ami métis qui une fois en Rp dans quartier assez huppé, s'est rendu compte qu'il était suivi. Il l'a signalé à la police. Quelques jours après il a été physiquement agressé, acte raciste.
Ca remonte à 10 ans. Même en France nous en sommes pas sortis de la préhistoire