L’étourdissement, de Joël Egloff (France)

Publié le par sabine

etourdissement.jpgVous avez un boulot ennuyeux, vous habitez un endroit moche et pollué, vous n’avez pas d’ami,… bref, vous n’avez pas le moral. Un conseil : lisez ce livre, vous verrez qu’il y a pire comme situation…

Ça commence très fort : Quand le vent souffle de l’ouest, ça sent l’œuf pourri, quand il souffle de l’est, il y a une odeur de soufre, quand il vient du nord, des fumées noires vous tombent dessus, quand c’est le vent du sud, ça sent vraiment la merde…  Bon, là, j’ai un peu raccourci et appauvri le texte, mais l’essentiel y est !

Le narrateur est d’un naturel relativement heureux. Pour le paysage : « On n’avait pas la mer, mais on avait les goélands. Et si ces oiseaux-là préféraient la décharge à l’océan, ça voulait bien dire qu’on n’était pas si mal que ça, chez nous, et que ça devait pas être si bien que ça, là-bas. » Pour la pêche dans la rivière : « Ca mord bien, là-bas (…) Il suffit de mettre sa ligne à l’eau et dans les secondes qui suivent, le bouchon plonge immanquablement. Ils ne sont pas plus stupides qu’ailleurs, les poissons, c’est pas ça, tout ce qu’ils veulent, c’est qu’on les sorte de l’eau, qu’on les tire de là. Dehors, ils respirent beaucoup mieux d’un coup, et puis ça soulage leurs brûlures et leurs démangeaisons, alors ils sont contents. » Un copain qui regrette son ancienne habitation dans un… poste de transformation : « On peut pas vraiment dire que c’était coquet, chez lui, qu’il était bien installé. Y avait qu’un vieux tabouret sur lequel il passait le plus clair de son temps, et une petite table de camping qui lui servait à poser son coude, la journée, ou sa tête à la nuit tombée. »

Le narrateur habite avec sa grand-mère grincheuse. Tous les matins, il va travailler à l’abattoir, un travail abrutissant qui le déprime. Malgré tout, il semble tenir le coup, un peu par habitude, un peu par naïveté, un peu par inertie… Ca pourrait être un livre terriblement déprimant (du style « La route » de Cormack McCarthy, que j’ai détesté tellement il est sombre et accablant, et que je déconseille fortement), mais non, c’est drôle. Le passage que j’ai préféré est celui où il va voir la femme d’un collègue qui vient d’avoir un accident mortel au travail, pour lui annoncer la terrible nouvelle, et où il n’arrive pas à lui dire. On le voit s’enferrer peu à peu dans des circonvolutions et des mensonges, dont bien sûr il ne peut plus sortir… L’arrivée et le départ dans l’immeuble valent aussi leur pesant de cacahuètes.

Il aime bien se promener dans les bois avec une carriole, car il y trouve des tas de choses à récupérer. Par exemple, il ramasse systématiquement tous les éléments de voiture qu'il trouve, car il espère bien pouvoir en reconstituer entièrement une un jour... Et quand par miracle, quelque chose tombe du ciel, il y ajoute une douille et un abat-jour pour le transformer en lampe…

Merci à Evelyne qui m'a conseillé ce livre.

Publié dans romans français

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falagar 27/01/2013 22:15

la première de couverture me fait flipper, je me souviens trop d'avoir visiter des appart sous les avions, à Villeneuve le Roi ou St Georges Brrrrrr.( Très bon marché avec un très bon triple
vitrage aussi ).