La commedia des ratés, de Tonino Benacquista (France)

Publié le par sabine

commedia-des-rates.jpgAntonio, fils d’immigrés italiens, rencontre dans sa banlieue natale un ancien copain d’école, Dario, qui lui demande de rédiger en bon français une lettre adressée à une femme. Le lendemain, Dario est assassiné. Voyant que la police ne va pas enquêter, Antonio commence ses recherches. Il trouve la femme à qui la lettre était adressée, une quinquagénaire dont le mari est très riche, ce qui lui permet de s’offrir l’amour d’un beau jeune homme. Grâce à son argent, Dario avait racheté à plusieurs propriétaires des terrains dans son village d’origine en Italie. Les actes de propriété stipulent qu’en cas de décès, c’est Antonio qui héritera de ces terrains. Cela ne réjouit pas Antonio, qui mène une vie tranquille à Paris, et qui a rompu tout lien avec ses origines italiennes.

Il part pourtant là-bas, ne comprenant pas les objectifs de Dario, peu porté sur le travail agricole, et les vignes de cette région n’ayant jamais donné qu’une piquette à peine buvable. Peu à peu, il comprend le projet de Dario, et prend la relève, ne se doutant pas des conséquences délirantes en cascade qui vont en découler. Un miracle, et aussitôt accourent un œnologue véreux, un ancien fasciste, des italiens mafieux partis vivre à New-York, et même des représentants du Vatican ! Antonio se remémore peu à peu le récit des souvenirs de guerre de son père, il a l’intuition d’un lien avec ce qui se passe. Il ne contrôle rien, ou pas grand chose, et ne comprend tout qu'à la fin...

Une description pleine de verve des personnages du village italien, comme des immigrés partis vivre en banlieue parisienne.

Les « rigatonis », pâtes italiennes, jouent aussi un grand rôle. Un petit morceau d’anthologie sur les pâtes : « Elles forment un univers en soi, à l’état brut, dont même le plus fin gourmet ne soupçonne pas toutes les métamorphoses. Un curieux amalgame de neutralité et de sophistication. Toute une géométrie de courbes et de droites, de plein et de vide qui varient à l’infini. C’est le royaume suprême de la forme. C’est de la forme que naîtra le goût. Comment expliquer sinon qu’on puisse dédaigner un mélange de farine et d’eau quand il prend tel aspect, ou l’adorer quand il en prend un autre. C’est là qu’on s’aperçoit que l’arrondi a un goût, le long et le court ont un goût, le lisse et les stries aussi… »

Un roman drôle à lire pour le plaisir, la détente. Je l’ai lu dans un train…

Publié dans romans français

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LaClaire 30/03/2012 11:18

Hmmmm... ça donne faim et aussi envie de lire le bouquin !