Le koala tueur et autres histoires du bush, de Kenneth Cook (Australie)

Publié le par sabine

koala-tueur.jpgQuinze nouvelles situées dans le bush australien, et ayant pour personnages de nombreux animaux, quelques hommes étonnants, et l’auteur, qui se décrit comme « un quintal de graisse d’âge moyen ».

Toutes ces histoires sont drôles, et on rit souvent au dépend de l’auteur. L’écriture est alerte et agréable à lire, même à voix haute (comme le suggère la traductrice-postfacière). Les situations sont cocasses, mais le rire vient aussi des tournures de phrases, des expressions, du télescopage de deux mots, des images suggérées. Les rencontres se font souvent au pub, dont on comprend que l’auteur est un assidu visiteur :« La rencontre de gars sympas au bistrot est à la source de la plupart de mes ennuis. Non seulement ces bonshommes aggravent ma tendance naturelle à l’alcoolisme, mais ils m’entraînent aussi dans toutes sortes d’aventures auxquelles je préférerais ne pas être mêlé. » Quelques descriptions des personnages rencontrés là : « En observant ses cheveux hérissés coupés ras et son collier hirsute je me demandai, l’ombre d’un instant halluciné, s’il était possible de croiser un crocodile avec un hippopotame » ou encore : « Le jeune (…) ressemblait d’ailleurs à un wombat  à museau pointu. Mais pas entièrement non plus, car examiné de près, le visage d’un wombat parvient à être expressif, alors que celui de ce personnage n’était qu’une pâtée dégoulinante de physionomie atone. », et de leur dangerosité « L’un des mythes les plus répandus sur l’Australie, c’est qu’elle n’abrite aucune créature dangereuse, hormis les crocodiles, les serpents et les araignées. C’est faux. Il y a aussi des Aborigènes et des chameaux. Individuellement, ils sont redoutables. Ensemble, ils sont quasi mortels. Ils ont deux qualités communes : une conscience ineffable de leur supériorité (malheureusement tout à fait fondée) et un mépris total de mon bien-être personnel. » Les animaux rencontrés (chat, crocodiles, chameau, serpents, koala, cochon,…) sont souvent des êtres dangereux qui s’attaquent au pauvre narrateur, pacifique écrivain chasseur d’insectes. Et pas très courageux :« J’avais cherché l’or assidûment pendant une demi-heure, mais n’avais rien trouvé. (…) Décidant que je n’étais pas taillé pour être chercheur d’or, j’étais parti au pub. » ou encore : « (…) j’ai une peur morbide des requins. Cette peur est totalement irrationnelle et je ne cherche pas à la justifier. Je sais pertinemment que les voitures sont bien plus dangereuses que les requins, mais je ne suis absolument pas effrayé par les voitures alors qu’on m’a vu bondir d’un torrent d’eau douce, à cinq cent kilomètres à l’intérieur des terres, en voyant une ombre imaginaire d’un aileron triangulaire fendre les flots. »

Un livre dépaysant et très drôle ! Merci à Ludmilla qui me l’a conseillé.

Publié dans nouvelles

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Lamante 18/03/2013 21:18

et bien celui-là aussi, ça me changerait de la sf.

sabine 18/03/2013 21:30



très dépaysant, et très drôle ! mais effectivement rien à voir avec la sf, c'est très "terre-à-terre" !