Solaire, de Ian McEwan (Angleterre)

Publié le par sabine

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9782070130818FS.gif Opportuniste, cynique et égoïste, aussi bien dans sa vie professionnelle que dans sa vie personnelle, Michael Beard court à la catastrophe des deux côtés… et pourtant il arrive à s’en sortir indemne à chaque fois. Jusqu’à la dernière, suggérée dans les 3 dernières pages, mais… qui sait ?

A la cinquantaine, il est petit, gros, chauve, de santé précaire (il ne s’en occupe pas, alors « des hordes de germes pathogènes traversaient les douves de ses défenses et montaient à l’assaut des remparts, armés de boutons de fièvre, d’aphtes, de coups de fatigue, de douleurs articulaires, de diarrhées, de couperose (…)»), il rate son 5ème mariage (et comment !), et professionnellement, il fait semblant de s’intéresser au réchauffement climatique, quand il s’aperçoit que ça peut lui rapporter gros, alors qu’il n’y croit pas du tout… Il a pourtant reçu le prix Nobel de physique, dans un passé glorieux sur lequel il se repose entièrement maintenant. Jusqu’ici, il a réussi à éviter d’avoir des enfants, mais  sa nouvelle compagne en rêve, alors « dès qu’il avait eu le dos tourné, un de ses spermatozoïdes, aussi courageux et rusé qu’Ulysse, avait entrepris ce périple, ouvert une brèche dans les murs de la ville pour rejoindre l’ovule de Mélissa et y enfouir son identité ». Malgré tous les sceptiques, il arrive à lancer un projet pour fabriquer de l’énergie à partir du soleil, grâce à la photosynthèse, idée qu’il a volée à un jeune ingénieur disparu précocement (et il n’est pas tout à fait étranger à cette disparition…).  A son associé qui commence à douter, il dit « Les bonnes nouvelles, maintenant. D’après les estimations de l’ONU, il y a trois cent cinquante mille personnes par an qui meurent à cause du changement climatique. Le Bengladesh est en train de sombrer (…). La forêt amazonienne connaît des périodes de sècheresse. Le permafrost sibérien libère du méthane dans l’atmosphère à haute dose. La glace fond sous la banquise du Groenland (…) ». Mais quand un consortium lui propose un travail bien rémunéré dans le nucléaire, il saute de joie…

Tout de même, juste retour des choses, de graves ennuis le rattrapent la veille de la grandiose démonstration solaire prévue…

Un livre agréable à lire, on attend toujours la catastrophe qui ne vient pas… J’aime bien cet auteur, dont j’ai préféré « Expiation » et « Samedi ». 

Publié dans romans étrangers

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La Mante 15/10/2012 21:29

j'ai lu sur la plage de Chelsyl, un profondeur dans la psychologie des personnages, quelque choses de vraiment détonant !

marilys 04/08/2012 21:52

je rectifie : je viens de lire le passage où le héros doit se déplacer en moto neige et j'ai tellement rigolé que je vais continuer....

marilys 02/08/2012 21:52

j'ai commencé ce livre mais je ne suis pas sûre de continuer longtemps, pour l'instant aucun personnage ne me paraît sympathique et ces histoires de cocufiage me lassent....