Suzanne et les ringards, de Jean-Bernard Pouy (France)

Publié le par sabine

suzanneCharles-Émile Gadde, surnommé Dumbo, est défiguré par un angiome sur le visage. Il fait peur aux autres qui n’osent ni le regarder, ni l’aborder… Son travail consiste à aider au montage et démontage du matériel d’un groupe rock-punk en tournée, conduire le camion, décourager les bagarres déclenchées par les spectateurs surchauffés. Il ne les aime pas, ces musiciens, d’abord parce qu’il n’aime que la musique répétitive, ensuite, parce que les fins de spectacles sont orgiaques : ils se droguent, boivent, et profitent sexuellement des groopies, « la chair à stars ». Aucun lien d’amitié : il fait son boulot, c’est tout… La seule avec laquelle il s’entend bien, c’est Lucie, pas une musicienne, mais celle qui s’occupe de la sono, une « ingénieuse du son », une géante, pas bavarde, sobre, « elle me regarde sans horreur ».

Un soir, bien après le spectacle, Suzanne, une groopie, demande à Dumbo de l’emmener dans l’hôtel où se trouve la bande. Il essaie de la décourager, en vain, alors il l’emmène et repart. Quand, le lendemain, il revient dans sa chambre, il y trouve la police : le cadavre de Suzanne est dans la baignoire… Il est vite disculpé, il a un alibi. Un turc, employé de l’hôtel, avoue le crime après avoir été « un peu cuisiné »… Le flic qui raconte ça à Dumbo n’y croit pas. Mais le turc se suicide, l’affaire est classée. Dumbo, persuadé que l’un des musiciens (sinon tous) est coupable, décide d’enquêter. Mais les musiciens font bloc. L’ambiance devient lourde. Au point que Dumbo se fait virer.

Le récit de Dumbo (le narrateur : « Je », « Moi », « Ego »…) est coupé régulièrement par un tout autre récit, tenu là par une narratrice (« Elle/aile »), une jeune star de cinéma qui s’est enfuie. On devine vite qu’il va y avoir rencontre. La rencontre est belle, dans une nature sauvage, mais elle tourne court et devient dramatique.

Le dénouement est inattendu, surtout pour Dumbo, qui s’aperçoit, lui qui reproche aux autres leurs a priori à son égard, qu’il est tombé dans le même travers… Quelle déconvenue pour lui !

J’aime bien Jean-Bernard Pouy, qui me fait rire sur France Culture, dans l’émission « Des papous dans la tête ». Une intrigue bien menée, un livre qui se dévore !

Publié dans romans policiers

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LaClaire 07/04/2012 09:37

Pour une fois j'ai déjà lu tes 2 prochains livres : j'ai hâte qu'on en discute !

sabine 07/04/2012 21:35



poour linstant, le Dennis Lehane me plaît beaucoup...