L'étoile du diable, de Jo Nesbo (Norvège)

Publié le par sabine

Harry Hole est malmené par ses crises d'alcoolisme, ses cauchemars, ses souvenirs, son amour perdu, ses soupçons envers un collègue flic, la chaleur implacable de l'été, mais il est aidé par son intuition quasi-légendaire, son grand sens de l'observation, et son chef qui tente de le protéger d'un licenciement.

Sous les ordres de Tom Waaler, dont il se méfie, il enquête sur un tueur en série. Un psychologue spécialisé dans ce domaine donne à la police des indications sur les rituels suivis par les sociopathes. Mais entre Waaler, que Harry soupçonne de trafic d'armes, et l'assassin, plus manipulateur que sociopathe, l'enquêteur est face à un imbroglio difficile à démêler.

Au bout de 400 pages, on croit que ça y est, tout est bouclé... mais on se doute qu'il y a un loup, vu qu'il reste encore 186 pages à lire !

J'ai particulièrement apprécié la façon dont l'auteur introduit l'intrigue, par la description très précise de l'infiltration de l'eau entre deux appartements, ce qui lui donne l'occasion de raconter comment le mortier a été fait en 1898 (si si, c'est intéressant!), puis de lire au passage un journal de cette époque, qui se trouve abandonné sur le passage de l'eau. Et la fin du voyage de l'eau : « L'eau formait des gouttes qui restèrent en suspension jusqu'à ce qu'elles soient suffisamment lourdes pour que la pesanteur l'emporte sur l'adhérence. Elles lâchèrent alors prise et churent de trois mètres et huit centimètres. Là, l'eau s'arrêta. Dans de l'eau. »

J'ai aussi dégusté le léger humour. Par exemple :

« (…) occuper deux petits garçons débordants d'énergie sous une pluie diluvienne, sans autre accessoire qu'un jeu de cartes privé de son valet de cœur, ça relevait de la gageure. »

(décrivant la chaleur écrasante de l'été qui vide les rues) : « Certains épiciers attendaient, assis sous leurs stores, en compagnie de leurs légumes. »

et encore, décrivant le réveil de Harry : « Il était étendu à même le sol, dans son salon. Habillé, bien que mal. Et en vie à défaut d'être vivant. »

Certains passages d'une scène à une autre m'ont fait penser à un film, zoomant sur un objet à un endroit, pour ensuite dézoomer et le trouver dans un autre lieu : « A l'instant précis où la tasse d'Olaug, ou plus exactement celle de la famille Swabe, atteignait le sol, Stale Aune leva la sienne. Ou plus exactement celle de la police d'Oslo. »

Un roman policier prenant, quelques fois stressant, et dont j'ai aimé l'écriture.

Publié dans romans policiers

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